Metro 3 fevrier 2009 

Les maladies nosocomiales tuent 2.600 patients belges 


BRUXELLES L'an dernier, 6 des patients belges ont contracté une maladie nosocomiaie. Une réalité qui peut s'avérer mortelle pour des milliers de personnes. Ces infections ont aussi un coût pour la collectivité estimé à près de 400 millions €. Environ 2.600 patients décèdent annuellement durant leur séjour à l'hôpital des suites d'une infection nosocomiale, soit une infection contractée en milieu hospitalier. Le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) avait estimé à la fin de l'année passée que 6 des patients hospitalisés étaient victimes de ce type d'infection, sur base d'une enquête menée dans plus de la moitié des hôpitaux. Sur les 125.000 patients environ qui luttent contre une infection nosocomiale, pas moins de 17.500 vont décéder durant leur séjour hospitalier, sans que l'on puisse pour autant imputer directement leur décès à l'infection. Seule une partie de ces décès est clairement imputable à l'infection. Ce sont surtout les pneumonies et les septicémies (infections du sang) qui sont les plus mortelles, aussi bien en soins intensifs que dans les services de médecine interne, de chirurgie, de gériatrie et de revalidation. Il ne faut cependant pas confondre événe-ment indésirable (adverse event), infection nosocomiale et erreur médicale. Les «adverse events» ou «événements indésirables» constituent un ensemble plus large que les infections nosocomiales. Ceux-ci surviennent plus en raison d'un défaut dans l'organisation dans'ies soins qu'en raison dé la maladie du patient. A côté des infections nosocomiales, les escarres et les embolies pulmonaires sont des exemples classiques d'événements indésirables. Parmi les événements indésirables. certains sont considérés comme des «erreurs médicales». «Il s'agit ici d'un concept juridique. Il y a erreur médicale à partir du moment où il est prouvé que la complication est due à une faute du prestataire ou à un défaut d'organisation des soins de l'institution», pré-cise le KCE. Environ 30 des infections nosocomiales peuvent être évitées grâce à des mesures d'hygiène hospitalière, comme par exemple l'hygiène des mains. Les pneumonies. (100 millions €), les septicémies (80 millions €) et .les infections urinaires (80 millions €), engen-drent le plus gros paquet des coûts supplé-mentaires. Au total, une charge additionnelle de 384 millions € par an pour la collectivité, estime le KCE. ///www.kce.fgov.be         

 

 

 

6% DES PATIENTS HOSPITALISÉS EN BELGIQUE DOIVENT FAIRE FACE À UNE INFECTION D’ORIGINE HOSPITALIÈRE, UN RÉSULTAT COMPARABLE À CELUI DES PAYS VOISINS (12/11/2008) Communiqué de presse du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) 

6 % des patients hospitalisés en Belgique doivent faire face à une infection d’origine hospitalière, un résultat comparable à celui des pays voisins

Une enquête nationale effectuée par le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) en collaboration avec les hygiénistes hospitaliers montre que 6% des patients hospitalisés en Belgique ont une infection d’origine hospitalière. Les unités de soins intensifs, aussi bien pour les adultes que pour les nouveaux nés, sont les plus touchées. Ce résultat est comparable à celui des pays voisins. Le KCE recommande de prévoir des moyens supplémentaires pour la lutte contre les infections acquises à l’hôpital, et ceci dans le cadre de l’amélioration continue de la qualité dans les hôpitaux. La participation à des études d’enregistrement devrait aussi devenir obligatoire pour tous les hôpitaux.

Une infection d’origine hospitalière, ou infection nosocomiale, est une infection que le patient acquiert durant son séjour à l’hôpital. Il s’agit principalement d’infections des voies urinaires, des voies respiratoires, des plaies opératoires ou du système circulatoire (septicémie). A la suite de cette complication, certains patients doivent séjourner plus longtemps à l’hôpital. Dans certains cas ils peuvent même en mourir. Chaque hôpital reçoit un financement limité pour l’équipe d’hygiène hospitalière. Ces médecins et infirmier(ières)s tâchent de limiter les infections en mettant en oeuvre des mesures de prévention, impliquant l’hygiène des mains et l’utilisation correcte des antibiotiques. On estime que ces mesures préventives peuvent diminuer d’environ 30% les infections hospitalières.

Le KCE a étudié la fréquence des infections nosocomiales dans les hôpitaux belges. 63 hôpitaux, donc un peu plus que la moitié, ont accepté de participer à l’étude. En collaboration avec les équipes d’hygiène hospitalière, 543 services hospitaliers et plus de 17 000 patients ont été surveillés durant un jour donné (étude de prévalence). Les hôpitaux ont ensuite reçu un feedback avec leurs résultats.

6% de tous les patients présents lors de l’étude avaient une infection nosocomiale, et dans ce groupe 13% en avait au moins deux. Ce résultat est comparable à des études de prévalence récentes en Hollande et en France. Sur base de cette étude de prévalence, le KCE estime qu’environ 100.000 patients par an sont atteints par une infection nosocomiale.

Les unités de soins intensifs ont les taux les plus élevés de patients infectés : 1 adulte sur 4, et presque 13% des nouveaux nés. Il s’agit principalement de pneumonies et de septicémies. C'est dans les services de maternité que le risque de contracter une infection nosocomiale est le plus bas (1%).

Le type d’infection est très tributaire du type de service. Les septicémies et pneumonies se retrouvent surtout dans les services de médecine interne et de soins intensifs. En revalidation et gériatrie les infections urinaires sont plus présentes. En chirurgie les infections de plaie sont les plus courantes.

Pour le KCE, une attention permanente au problème des infections nosocomiales se justifie, surtout dans les unités de soins intensifs (adultes et nouveaux-nés). Le KCE recommande de prévoir plus de moyens pour la lutte contre les infections nosocomiales, dans le cadre de l’amélioration continue de la qualité dans les hôpitaux et en fonction de l’activité de chacun de ceux-ci. Il recommande aussi d’organiser de manière régulière des études nationales de prévalence, et de rendre obligatoire la participation des hôpitaux à ces études. Pour que ces dernières aient le maximum d’impact, il convient que les hôpitaux reçoivent rapidement un retour d’information (feedback) de leurs résultats.

Cette étude connaîtra une suite: dans une deuxième partie, le KCE va calculer combien coûtent annuellement ces infections en soins de santé et en prolongation de la durée d’hospitalisation, et aussi combien de patients en décèdent. 

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